Le roman de Lukaz le Goaris

Pédophilie: le fondateur de L'Ecole en bateau remis en liberté

Le responsable d'un bateau-école soupçonné d'avoir commis des viols alors qu'il animait des croisières éducatives pour des adolescents afin de favoriser leur "épanouissement", a été remis en liberté fin août, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé mardi la remise en liberté de Léonid Kameneff, acceptée le 27 août par un juge des libertés et de la détention et dont le parquet avait fait appel, selon cette source.

Capitaine du thonier "Karrek Ven" et fondateur de l'association "L'Ecole en bateau" à l'origine de ces croisières, Léonid Kameneff avait été extradé du Venezuela en mai 2008 puis mis en examen pour des faits de viol et agression sexuelle sur sept victimes présumées. Il était depuis en détention provisoire.

Sept autres parties civiles demandent sa mise en examen pour les mêmes faits mais n'étaient pas concernées par la demande d'extradition présentée par la justice française à son homologue vénézuélienne.

Selon des sources proches du dossier, M. Kameneff avait accepté d'être mis en examen pour les faits concernant ces sept victimes mais le parquet s'y est opposé en vertu du principe juridique de spécialité.

Ce principe signifie qu'une personne pour laquelle une extradition a été demandée ne peut être poursuivie, jugée et détenue que pour les faits qui ont motivé l'extradition.

"Ce n'était pas possible juridiquement, même si le mis en examen donne son accord", a expliqué une représentante du parquet de Paris.

Une mise en examen pour les sept autres victimes présumées nécessitait qu'une demande d'extradition complémentaire soit présentée aux autorités vénézuéliennes, une procédure prenant de nombreux mois.

L'avocat de M. Kameneff, Me Yann Choucq, a donc présenté une demande de remise en liberté, arguant du "délai raisonnable" avant un éventuel jugement.

"Les plus récents des faits de ce dossier remontent à 1994", a-t-il notamment expliqué à l'AFP.

Eric Morain, avocat des parties civiles, a de son côté fait part de son "dégoût". "Avec un mis en examen libre, les délais d'instruction vont encore se rallonger, il n'y aura pas de procès avant plusieurs années alors que les victimes attendent depuis plus de quinze ans".

Cinq ans ferme pour l'ex-chef d'une célèbre chorale parisienne coupable d'agressions sexuelles

 

L'ancien chef de la chorale de Saint-Jean-de-Passy, établissement scolaire catholique réputé du XVIème arrondissement, a été condamné mardi à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris pour des agressions sexuelles sur quatre de ses élèves.

Les jeunes choristes victimes d'Emmanuel Marchand, dont deux ont témoigné lors du procès, étaient mineurs à l'époque des faits, commis entre 1990 et 2007.

Le tribunal a assorti sa condamnation d'une obligation de suivi socio-judiciaire, sous peine de voir la peine aggravée d'un an supplémentaire.

Le procureur Sophie Meynard avait requis sept ans de prison dont deux avec sursis.

Emmanuel Marchand, 48 ans, en détention provisoire depuis février 2008, a expliqué s'être senti comme dans "une espèce de bulle" lorsqu'il pratiquait caresses et fellations sur ces jeunes élèves après les avoir déshabillés, généralement à son domicile lors de cours particuliers.

"C'était une espèce de bulle dans laquelle je voulais imaginer que ce que je faisais ne pouvait être considéré comme de la pédophilie, ne leur faisait pas de mal. C'est absurde", a déclaré le prévenu, qui avait reconnu les agressions sexuelles dès son placement en garde à vue.

A l'audience une de ses victimes, un homme de 25 ans, fils d'une de ses anciennes compagnes, l'a accusé pour la première fois de viol.

"Il m'a pénétré", a soutenu le jeune homme en se remémorant une nuit dans un bungalow lors d'une sortie de la chorale quand il avait une quinzaine d'années. "Ca n'est pas ce que j'ai vécu", a répliqué Emmanuel Marchand, parlant d'un "frottement peut-être un peu plus insistant".

"Je suis satisfaite de la décision car mes clients le sont", a déclaré mardi soir à l'AFP Me Diane Massenet, avocate d'une autre victime, un adolescent de 17 ans, et de ses parents. "Mais au regard de la gravité des faits, qui se sont étalées sur 18 ans, c'est assez modéré", a-t-elle ajouté.

Plusieurs associations dont Enfance et Partage et La Voix de l'Enfant s'étaient également constituées parties civiles.

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