Comment chérir ses enfants quand on a soi-même eu une enfance massacrée par l’inceste ? Fonder une famille quand on a l’enfer pour seule représentation familiale ? C’est le thème jamais abordé à ce jour d’un colloque qui s’est tenu hier à Paris à l’initiative de l’Association internationale des victimes d’inceste (Aivi)*.
« On est étouffés par notre histoire »
Le pire pour Isabelle Aubry, c’est qu’une majorité de gens pense que l’inceste se transmet de génération
en génération. Ou à l’inverse, que les victimes deviennent folles ou vengeresses. « On est étouffés par notre histoire et les a priori malsains. Aucune étude épidémiologique n’a jamais été
menée sur le sujet et pourtant, on a harcelé le ministère de la Santé… C’est un problème de santé publique ! » Des données claires et sérieuses qui permettraient une prise en charge
spécifique de « ce fléau », c’est une des principales demandes de l’association. Dans l’enquête qu’Isabelle Aubry a menée avec une autre victime, Sandrine Apers (lire témoignage
ci-contre), elles n’ont rencontré que de bons parents « qui ont besoin d’être accompagnés ». Le livre qui recueille ces témoignages poignants, « Etre parent après l’inceste » (Ed.
J.-Lyon) sortira le 20 novembre, pour la Journée internationale des droits de l’enfant.
*http://aivi.org/