Le roman de Lukaz le Goaris


Après la publication du rapport accablant pour les évêques de Dublin, accusés d’avoir étouffé des affaires de pédophilie pendant trois décennies, les habitants ne cachaient pas leur désarroi face à ce scandale.


Ils montent les marches d’un pas pressé, trempent furtivement la main dans l’eau glacée du bénitier puis font le signe de croix avant de s’engouffrer vers les portes marron clair de la cathédrale Saint Mary’s, située dans le centre-ville de Dublin. En ce vendredi matin, la plupart des fidèles ne passent qu’en coup de vent, à peine le temps de se recueillir avant de retourner vaquer à leurs occupations du jour.

Mais au surlendemain de la divulgation du rapport sur l’archevêché de Dublin, 700 pages qui accusent l’Eglise catholique d’Irlande d’avoir couvert les abus sexuels commis par des prêtres sur des centaines d’enfants, et ce pendant plusieurs décennies, ce passage matinal, même furtif au sein du lieu saint, revêt un caractère tout particulier.


Il faut dire que le rapport Murphy, du nom de sa présidente, la juge Yvonne Murphy, a dévoilé l’indicible : depuis les années 1960, des centaines d’enfants, rattachés aux différents diocèses de la région de Dublin, auraient été violés par les prêtres de leurs paroisses.

Des abus sexuels en cascade que l’archidiocèse et les autorités de l’Eglise auraient décidés, durant quatre décennies, de passer sous silence. En outre, il accuse la police irlandaise d’avoir fermé les yeux sur de nombreuses accusations, jugeant que celles-ci n’étaient pas de sa compétence.



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